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Sened
Sened, « le redoutable », figure dans les trois grandes listes royales du Nouvel Empire, mais on ne connaît qu'une seule inscription de son époque. Selon la chronologie d'E. Hornung (2006), son règne s'achève vers 2610 av. J.-C., juste avant celui de Khâsekhemoui. Des prêtres servaient encore son culte sous la IVe dynastie, et la question de savoir s'il était la même personne que Péribsen reste ouverte.
- Règne
- Jusque v. 2610 av. J.-C. (E. Hornung, 2006), durée inconnue. Manéthon donne 41 ans
- Dynastie
- IIe
- Prédécesseur
- Ouadjnès dans les listes royales plus tardives, Sekhemib dans la chronologie suivie sur ce site
- Successeur
- Néferkarê dans la table de Saqqarah et le Canon royal de Turin, Khâsekhemoui dans la liste d'Abydos et dans la chronologie suivie sur ce site
- Noms royaux
- Sened, « le redoutable ». Son nom d'Horus est inconnu
- Manéthon
- Séthénès, 41 ans
- Sépulture
- Inconnue, peut-être Saqqarah
- Sources principales
- Un fragment de bol de Gizeh, la fausse porte du prêtre Shery, les listes royales plus tardives, une statuette en bronze bien plus tardive
Un nom des listes royales
THÈME UN
Sened figure dans la liste d'Abydos, la table de Saqqarah et le Canon royal de Turin, tous rédigés sous les pharaons de la XIXe dynastie, environ 1300 ans après lui. Dans ces listes, il occupe la cinquième place de la dynastie, après Ouadjnès, le successeur de Nineter. Dans la table de Saqqarah et le Canon de Turin, son nom s'écrit avec le signe d'une oie plumée, tandis que la liste d'Abydos garde une forme plus ancienne. Manéthon l'appelle Séthénès et lui donne 41 ans, mais la durée réelle de son règne est inconnue.
Une seule inscription de son époque
THÈME DEUX
Le seul objet qui puisse dater de son propre règne est un fragment de bol en diorite trouvé par Uvo Hölscher en 1909 près des temples de Khéphren et de Mykérinos à Gizeh, et publié en 1912. Son inscription se lit « le roi de Haute et de Basse-Égypte, Sened ». Comme son nom d'Horus est inconnu, il est difficile de relier Sened aux nombreux noms d'Horus des sceaux et des vases de la IIe dynastie.
Un culte qui lui survécut
THÈME TROIS
Sened ne fut pas oublié après sa mort. La fausse porte de Shery, un grand prêtre enterré à Saqqarah au début ou au milieu de la IVe dynastie, énumère ses titres : chef des prêtres de Péribsen dans la nécropole de Sened, chef des prêtres du ka de Sened et serviteur du dieu Sened. Sur cette porte, le nom de Sened est écrit dans un cartouche, un anneau ovale qui n'entra en usage qu'à la fin de la IIIe dynastie. Dietrich Wildung suppose qu'Inkef et Siy, sans doute des parents de Shery, servaient aussi ce culte.
Le souvenir aux époques plus tardives
THÈME QUATRE
Les Égyptiens des époques suivantes se souvenaient encore de Sened. Un papyrus médical du Nouvel Empire, aujourd'hui à Berlin, dit que l'un de ses remèdes provenait d'un ancien livre du temps de Den, passé plus tard à Sened. Une statuette en bronze d'un souverain agenouillé coiffé de la Couronne blanche et tenant des brûle-parfums, faite longtemps après son époque, porte son nom sur la ceinture. Peter Munro a signalé un sceau portant une forme plus longue du nom, mais il n'a jamais été publié en photographie ni en dessin et il est aujourd'hui perdu, si bien que la plupart des chercheurs en doutent.
Sened et Péribsen
THÈME CINQ
Certains égyptologues pensent que Sened et Péribsen furent un seul et même pharaon. Comme les noms formés sur Seth étaient peut-être évités dans les listes royales, les scribes auraient pu employer un autre de ses noms. Wolfgang Helck et Dietrich Wildung soutiennent qu'il s'agit de deux souverains différents, car la fausse porte de Shery sépare strictement leurs noms. Si le pays fut divisé après Nineter, Sened et ses successeurs dans les listes, Néferkarê, Néferkasokar et Houdjefa, ont pu régner sur la Basse-Égypte tandis que Péribsen et Sekhemib régnaient sur la Haute-Égypte. Le dernier de ces noms signifie sans doute seulement que le scribe trouva une lacune dans sa source.
Où est sa tombe ?
THÈME SIX
Le lieu de sépulture de Sened est inconnu. S'il était Péribsen, il repose dans la tombe P d'Abydos. Toby Wilkinson propose plutôt Saqqarah : l'une des grandes galeries méridionales, intégrées plus tard au complexe de Djéser, aurait pu être à l'origine la tombe de Sened. Le titre de Shery « dans la nécropole de Sened » pourrait aussi désigner un cimetière royal dans la région de Memphis.
Bilan
THÈME SEPT
Sened montre l'écart entre la mémoire officielle de l'Égypte et les témoignages de l'époque elle-même. Les listes royales du Nouvel Empire et les prêtres de la IVe dynastie le connaissaient bien, alors que l'archéologie n'a presque rien retrouvé de lui jusqu'ici. En attendant de nouvelles découvertes, son règne, sa durée et même sa place dans la dynastie restent incertains.
Dates clés
- v. 2610 av. J.-C.Fin du règne de Sened, selon E. Hornung (2006).
- IVe dynastieLe prêtre Shery sert le culte de Sened à Saqqarah.
- 1909Uvo Hölscher trouve à Gizeh le fragment de bol à son nom.