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Khâsekhemoui
Khâsekhemoui, dernier pharaon de la IIe dynastie, régna de 2610 à 2593 av. J.-C. selon la chronologie d'E. Hornung (2006). Il réunifia le pays après une période de division et fut le seul pharaon à placer à la fois Horus et Seth au-dessus de son nom. Il bâtit en pierre à Hiérakonpolis, El-Kab et Abydos, laissa deux des plus anciennes statues assises d'un pharaon et la plus grande tombe du cimetière royal d'Abydos. Son épouse Nimaâthep resta dans les mémoires comme la mère du pharaon suivant, sans doute Djéser.
- Règne
- 2610 – 2593 av. J.-C. (E. Hornung, 2006), environ 18 ans d'après la pierre de Palerme. Manéthon donne 30 ans et le Canon royal de Turin 27
- Dynastie
- IIe (dernier pharaon)
- Successeur
- Djéser (Netjerikhet), probablement son fils, le premier pharaon de la IIIe dynastie
- Noms royaux
- Nom d'Horus Khâsekhem, « la puissance est apparue », puis nom d'Horus et de Seth Khâsekhemoui, « les deux puissances sont apparues ». Listes royales plus tardives : Djadjay (Abydos), Bebti (Saqqarah, Turin)
- Manéthon
- Chénérès, 30 ans
- Sépulture
- Tombe V, Oum el-Qaab, Abydos
- Sources principales
- La pierre de Palerme, deux statues de Hiérakonpolis (Oxford et Le Caire), des vases de pierre, des empreintes de sceaux, sa tombe et son enceinte funéraire à Abydos
De Khâsekhem à Khâsekhemoui
THÈME UN
Au début de son règne, le pharaon apparaît sous le nom de Khâsekhem, « la puissance est apparue », avec le seul faucon d'Horus au-dessus de son nom. Plus tard, il prit le nom de Khâsekhemoui, « les deux puissances sont apparues », et plaça à la fois Horus et Seth au-dessus du serekh, ce qu'aucun autre pharaon ne fit. Une forme plus complète ajoute que les deux seigneurs sont en paix en lui. La plupart des égyptologues pensent que Khâsekhem et Khâsekhemoui furent un seul et même souverain et que le changement de nom marqua la fin du conflit entre partisans d'Horus et de Seth et la réunification de l'Égypte.
La guerre contre le nord
THÈME DEUX
Des vases de pierre de Hiérakonpolis, l'ancienne ville royale de Haute-Égypte, portent l'inscription « combat contre l'ennemi du nord dans Nekheb ». Les socles de deux statues assises du pharaon provenant du même site montrent les corps d'ennemis abattus, avec un nombre de morts de plusieurs dizaines de milliers. Les égyptologues relient ces témoignages à une campagne contre des rebelles du nord, sans doute dans le Delta, peut-être le conflit qui mit fin à la division du pays. L'image du pharaon triomphant de ses ennemis resterait un thème central de l'art royal pendant près de trois mille ans.
Les premières statues royales
THÈME TROIS
Deux statues assises de Khâsekhemoui ont été trouvées à Hiérakonpolis. L'une, en calcaire, est conservée à l'Ashmolean Museum d'Oxford, l'autre au Musée égyptien du Caire. Toutes deux montrent le pharaon coiffé de la Couronne blanche de Haute-Égypte et vêtu du manteau de la fête Sed. Elles comptent parmi les plus anciennes statues royales de cette taille et de cette qualité et annoncent la grande sculpture de l'Ancien Empire.
Bâtir en pierre
THÈME QUATRE
Khâsekhemoui fut un grand bâtisseur. À Hiérakonpolis, il éleva une grande enceinte en brique crue, souvent appelée le « Fort », et des éléments de porte en granit portant son nom d'Horus et de Seth proviennent du temple d'Horus de ce site. Il bâtit aussi en pierre à El-Kab. À Abydos, il fit élever la Shounet ez-Zebib, une immense enceinte funéraire en brique crue dont les murs se dressent encore aujourd'hui à une grande hauteur. Il a peut-être aussi commencé la vaste enceinte appelée Gisr el-Moudir à Saqqarah. Son usage de la pierre à plus grande échelle prépara la pyramide à degrés de son successeur Djéser.
La reine Nimaâthep
THÈME CINQ
L'épouse de Khâsekhemoui était la reine Nimaâthep, peut-être une princesse de Basse-Égypte dont le mariage aida à sceller la réconciliation des deux moitiés du pays. Des sceaux du règne de Djéser l'appellent « mère du roi », et la plupart des égyptologues pensent qu'elle fut la mère de Djéser, premier pharaon de la IIIe dynastie, et de son épouse Hétephernebti. D'autres pharaons du début de la IIIe dynastie, comme Sanakht, Sekhemkhet et Khâba, ont pu être eux aussi des fils de Khâsekhemoui, mais c'est incertain.
La tombe V d'Abydos
THÈME SIX
Khâsekhemoui fut enterré à Oum el-Qaab, à Abydos, dans la tombe V, la dernière et la plus grande tombe royale de ce cimetière. De plan trapézoïdal, elle mesure environ 70 mètres de long et de 10 à 17 mètres de large, et compte 58 salles. Sa chambre funéraire centrale est bâtie en calcaire taillé et passa longtemps pour la plus ancienne construction en pierre du monde. Bien que pillée dans l'Antiquité, la tombe contenait encore un sceptre d'or et de sardoine, de petits vases de pierre aux couvercles de feuille d'or, des outils et des récipients en cuivre, de la céramique, des grains et des fruits.
Bilan
THÈME SEPT
Khâsekhemoui clôt la IIe dynastie et toute la période thinite. Il rétablit l'unité de l'Égypte, réconcilia Horus et Seth dans son nom, bâtit à une échelle nouvelle et laissa un État stable à son successeur. Avec Djéser et la pyramide à degrés de Saqqarah commença l'âge des pyramides, l'Ancien Empire.
Dates clés
- 2610 av. J.-C.Khâsekhemoui devient pharaon, selon E. Hornung (2006).
- Pendant son règneCampagne contre l'ennemi du nord et réunification de l'Égypte.
- 2593 av. J.-C.Mort de Khâsekhemoui et inhumation dans la tombe V d'Abydos. Djéser lui succède.