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Sekhemkhet
Sekhemkhet, deuxième pharaon de la IIIe dynastie, régna de 2565 à 2559 av. J.-C. selon la chronologie d'E. Hornung (2006). Il succéda à Djéser, dont il était peut-être le fils ou le frère. Son bref règne a laissé deux reliefs rupestres au Sinaï et une pyramide à degrés inachevée à Saqqarah, prévue plus haute que celle de Djéser. Cachée sous le sable pendant plus de quatre mille ans, elle ne fut découverte qu'en 1951 et on l'appelle depuis la Pyramide ensevelie.
- Règne
- 2565 – 2559 av. J.-C. (E. Hornung, 2006). Le Canon royal de Turin donne 6 ans, Manéthon et les annales royales 7
- Dynastie
- IIIe
- Prédécesseur
- Djéser
- Successeur
- Incertain : dans la chronologie suivie sur ce site Khâba, selon d'autres chercheurs Sanakht
- Noms royaux
- Nom d'Horus Sekhemkhet, « puissant de corps ». Nom de Nebty Djéserti. Listes royales plus tardives : Djéserteti (Saqqarah, Turin), Téti (Abydos)
- Manéthon
- Tyreis, 7 ans
- Sépulture
- Pyramide à degrés inachevée (la Pyramide ensevelie), Saqqarah. Le sarcophage a été trouvé vide
- Sources principales
- Son complexe pyramidal de Saqqarah avec une plaquette d'ivoire portant son nom, deux reliefs rupestres de l'ouadi Maghara (Sinaï), des empreintes de sceaux d'Éléphantine, le fragment du Caire des annales royales
L'héritier de Djéser
THÈME UN
On sait peu de chose de l'origine de Sekhemkhet. Il était peut-être un fils de Djéser, ou un fils cadet de Khâsekhemoui et de Nimaâthep, et donc le frère de Djéser. Son nom d'Horus, « puissant de corps », rappelle par sa forme celui de Djéser, Netjerikhet, « divin de corps ». Son nom de Nebty, Djéserti, inscrit sur une plaquette d'ivoire de sa pyramide, explique pourquoi les listes royales plus tardives le connaissaient sous le nom de Djéserteti. Une femme nommée Djéseretnebti fut peut-être son épouse, mais son nom apparaît sans titre de reine et sa lecture est discutée.
Des reliefs au Sinaï
THÈME DEUX
Deux inscriptions rupestres de l'ouadi Maghara, au Sinaï, sont les seules images connues de Sekhemkhet. L'une le montre deux fois, coiffé de la Couronne blanche de Haute-Égypte puis de la Couronne rouge de Basse-Égypte. L'autre présente la scène traditionnelle du pharaon frappant un ennemi qu'il tient par les cheveux. Ces reliefs montrent que des expéditions continuaient d'exploiter les mines de turquoise et de cuivre de la région, comme sous Djéser. Une partie de l'un d'eux, connue par d'anciennes photographies prises sur place, a depuis disparu.
Une pyramide plus haute que celle de Djéser
THÈME TROIS
Sekhemkhet entreprit sa tombe à quelques centaines de mètres au sud-ouest de celle de Djéser. La pyramide avait une base carrée d'environ 115 mètres de côté et, achevée avec sept degrés, elle aurait atteint quelque 70 mètres, plus que son modèle. Les bâtisseurs posèrent les blocs de calcaire en assises inclinées vers l'intérieur, comme dans la pyramide à degrés. Mais le règne fut bref : seul le premier degré, haut d'environ 8 mètres, fut construit, et l'édifice inachevé ressemblait à un grand mastaba. Le nom d'Imhotep est écrit sur son mur d'enceinte, peut-être celui de l'architecte même qui avait travaillé pour Djéser.
La Pyramide ensevelie
THÈME QUATRE
Pendant plus de quatre mille ans, les ruines restèrent sous le sable. En 1951, l'archéologue égyptien Zakaria Goneim remarqua un contour rectangulaire dans le désert de Saqqarah et dégagea un mur d'enceinte d'environ 520 sur 180 mètres et le moignon de la pyramide. Un couloir descendait vers une galerie de plus de cent magasins disposés en peigne et vers la chambre funéraire. Dans les galeries, Goneim trouva des vases de pierre, une plaquette d'ivoire au nom de Djéserti et un petit trésor d'or : 21 bracelets et une boîte en forme de coquillage, aujourd'hui au Musée égyptien du Caire.
Le sarcophage vide
THÈME CINQ
En 1954, Goneim atteignit la chambre funéraire. Elle était inachevée, mais contenait un sarcophage d'albâtre taillé dans un seul bloc. Au lieu d'un couvercle sur le dessus, il se fermait à une extrémité par un panneau coulissant, encore scellé au mortier. Tout laissait espérer une sépulture royale intacte, mais lorsque le sarcophage fut ouvert en juin 1954, il était vide. On ignore toujours si la tombe fut pillée après l'inhumation ou si le pharaon fut enterré ailleurs.
Le Tombeau Sud et l'enfant
THÈME SIX
Comme dans le complexe de Djéser, un second tombeau, plus petit, fut bâti au sud de la pyramide. Lorsque l'architecte et égyptologue français Jean-Philippe Lauer le fouilla en 1963, il constata qu'il avait été pillé dans l'Antiquité. Dans sa chambre reposait un cercueil de bois contenant les restes d'un enfant d'environ deux ans, avec de la feuille d'or, des vases de pierre et des os d'animaux de la IIIe dynastie. On ignore qui était cet enfant. Ce ne peut être le pharaon lui-même, car les reliefs du Sinaï montrent Sekhemkhet en homme adulte.
Bilan
THÈME SEPT
Sekhemkhet ne régna que six ou sept ans, trop peu pour achever son monument. Pourtant, sa pyramide montre que les bâtisseurs de l'époque de Djéser continuèrent à développer la nouvelle architecture de pierre et visèrent plus haut encore. La pyramide inachevée et son sarcophage vide restent l'une des grandes énigmes du début de l'Ancien Empire.
Dates clés
- 2565 av. J.-C.Sekhemkhet devient pharaon après la mort de Djéser, selon E. Hornung (2006).
- Pendant son règneExpéditions vers les mines de l'ouadi Maghara, au Sinaï. Début des travaux de la pyramide de Saqqarah.
- 2559 av. J.-C.Mort de Sekhemkhet. Sa pyramide reste inachevée.