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Ouserkarê

ANCIEN EMPIRE · VIE DYNASTIE · VERS 2278 AV. J.-C.

Ouserkarê fut le deuxième pharaon de la VIe dynastie. Selon la chronologie d'E. Hornung (2006), son bref règne se place entre la fin du règne de Téti en 2279 av. J.-C. et l'avènement de Pépi Ier en 2276 av. J.-C. Il figure dans la liste royale d'Abydos, mais il ne reste que quelques objets de son temps et l'on ne connaît aucune tombe de lui. Certains voient en lui un usurpateur lié au meurtre de Téti, d'autres un régent pour le jeune Pépi Ier.

Règne
Entre 2279 et 2276 av. J.-C. dans la chronologie d'E. Hornung (2006). La plupart des estimations lui donnent deux à quatre ans. Le Canon royal de Turin est endommagé à cet endroit, et Manéthon ne le nomme pas
Dynastie
VIe
Prédécesseur
Téti, peut-être son père
Successeur
Pépi Ier, le fils de Téti et de la reine Ipout
Noms royaux
Nom de trône Ouserkarê, « puissant est le ka de Rê ». Son nom d'Horus n'est pas connu avec certitude
Manéthon
Non cité. Manéthon passe directement d'Othoès (Téti) à Phios (Pépi Ier)
Sépulture
Inconnue. Aucune pyramide de lui n'a été trouvée
Sources principales
La liste royale d'Abydos, deux sceaux-cylindres et un maillet de cuivre à son nom, les annales endommagées de la pierre de Saqqarah-Sud, des tombes de fonctionnaires de l'époque à Saqqarah
ILLUSTRATION - OUSERKARÊ (RECONSTITUTION)

Un pharaon entre deux règnes

THÈME UN

La liste royale gravée dans le temple de Séthi Ier à Abydos place Ouserkarê entre Téti et Pépi Ier, si bien que mille ans plus tard on le comptait encore parmi les pharaons légitimes. Son nom, « puissant est le ka de Rê », est formé comme ceux des pharaons de la Ve dynastie, ce qui a conduit certains chercheurs à penser qu'il venait d'une branche de l'ancienne famille royale. Ses parents sont inconnus. Certains suggèrent qu'il était un fils de Téti et de la reine Khouit.

ILLUSTRATION - LA LISTE ROYALE D'ABYDOS (RECONSTITUTION)

Quelques objets

THÈME DEUX

Les témoignages directs de son règne sont très maigres. Deux sceaux-cylindres à son nom et un maillet de cuivre, outil de bâtisseurs ou de carriers, sont les seuls objets sûrement de son temps. Quelques blocs inscrits et une lame de hache en cuivre lui ont aussi été rattachés, mais ces attributions sont incertaines. Aucune statue, aucun relief le représentant et aucun édifice de lui n'ont été identifiés.

ILLUSTRATION - LE MAILLET DE CUIVRE D'OUSERKARÊ (RECONSTITUTION)

Les annales perdues de Saqqarah-Sud

THÈME TROIS

En 1932, on trouva à Saqqarah-Sud une grande dalle de pierre réutilisée comme couvercle du sarcophage d'une reine. Elle portait en fait les annales royales de la VIe dynastie, un relevé de chaque règne année après année, comme la pierre de Palerme pour les pharaons antérieurs. Mais avant ce réemploi, sa surface avait été polie, et environ neuf dixièmes du texte sont perdus. Entre les sections de Téti et de Pépi Ier reste la place d'un règne court, probablement de deux à quatre ans, que la plupart des chercheurs attribuent à Ouserkarê.

ILLUSTRATION - LA PIERRE DE SAQQARAH-SUD (RECONSTITUTION)

Usurpateur ou régent ?

THÈME QUATRE

Deux opinions principales existent. Certains égyptologues voient en Ouserkarê un usurpateur, peut-être issu d'une branche cadette de la famille royale, qui s'empara du pouvoir à la mort de Téti. D'autres pensent qu'il régna légitimement peu de temps, peut-être comme régent pendant que Pépi Ier était encore enfant, ce qui s'accorderait avec le très long règne de Pépi Ier qui suivit. Quelques-uns ont même proposé un règne conjoint des deux. Les témoignages sont trop minces pour trancher.

ILLUSTRATION - OUSERKARÊ ET LE JEUNE PÉPI IER (RECONSTITUTION)

Le meurtre de Téti

THÈME CINQ

Manéthon écrit que Téti fut assassiné par ses gardes du corps, mais il ne mentionne pas du tout Ouserkarê. Certains historiens ont rapproché les deux faits : un pharaon arrivé au trône après un meurtre puis disparu de la plupart des sources s'accorderait avec l'image d'un complot. Aucun document contemporain ne mentionne le meurtre ni ne nomme les coupables, si bien que tout rôle d'Ouserkarê reste une hypothèse.

ILLUSTRATION - LES GARDES DU PALAIS (RECONSTITUTION)

Effacé des mémoires ?

THÈME SIX

Son nom manque dans les tombes des fonctionnaires de l'époque, et dans certaines tombes de Saqqarah les noms et les figures de certains fonctionnaires furent plus tard martelés. L'égyptologue australien Naguib Kanawati y voit une vengeance de Pépi Ier contre les partisans d'Ouserkarê. D'autres chercheurs ne trouvent pas de preuve claire d'un effacement délibéré et pensent que ces rares traces reflètent simplement un règne court qui ne laissa aucun monument achevé. Que des listes royales plus tardives le mentionnent encore suggère que son règne fut admis comme légitime.

ILLUSTRATION - UN NOM MARTELÉ (RECONSTITUTION)

Bilan

THÈME SEPT

Ouserkarê est l'une des énigmes de l'Ancien Empire. Il gouverna l'Égypte quelques années à un moment de crise possible, et pourtant il ne laissa presque rien. Usurpateur, régent ou simplement pharaon mort jeune, son règne marque le début agité de la VIe dynastie.

Dates clés

  1. 2279 av. J.-C.Fin du règne de Téti, selon Manéthon par un meurtre. Ouserkarê monte sur le trône.
  2. 2276 av. J.-C.Pépi Ier, fils de Téti, devient pharaon, selon E. Hornung (2006).
  3. 1932Découverte de la pierre de Saqqarah-Sud, dont les annales endommagées laissent la place de son règne.
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